PSA inaugure au Maroc sa nouvelle usine automobile en présence de Mohammed VI

Le groupe français installe à Kénitra une unité de production de 100 000 véhicules par an avec l’objectif de la doubler d’ici à 2020.

Usine d’assemblage PSA de Kénitra, au Maroc, le 21 juin 2019.
Usine d’assemblage PSA de Kénitra, au Maroc, le 21 juin 2019. FADEL SENNA / AFP

Le constructeur automobile français PSA Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall (PSA) a inauguré au Maroc, jeudi 20 juin, une nouvelle usine d’une capacité de production de 100 000 véhicules par an, avec l’objectif de doubler d’ici à 2021 le volume de ses ventes dans la zone Afrique-Moyen-Orient.

Signe de l’enjeu pour le royaume chérifien, c’est le roi Mohamed VI qui a présidé la cérémonie d’inauguration et visité le site où sera produite la nouvelle citadine Peugeot 208. Sa venue marque « le lancement officiel des travaux de construction de la deuxième phase (…) de cette usine de nouvelle génération, conçue pour des véhicules thermiques et électriques », a indiqué Moulay Hafid Elalamy, le ministre marocain de l’industrie.

L’usine, située près de Kénitra, à environ 200 km au sud du port de Tanger Med, produit déjà depuis décembre 2018 les moteurs destinés aux 208, un modèle également produit en Slovaquie, selon la même source.

« Offensive commerciale » en Afrique

La capacité de la plateforme de production nouvelle génération sera progressivement augmentée à 200 000 véhicules par an. A la signature de l’accord de principe, en 2015, PSA avait affiché son objectif de lancer une « offensive commerciale » en Afrique.

L’unité de Kénitra, qui comptera à terme 2 500 salariés et 1 000 intervenants en sous-traitance, a été construite en quatre ans sur une zone industrielle classée « zone franche » où se sont installés plusieurs équipementiers automobiles.

« Avec cet écosystème, PSA a créé 19 000 emplois directs » grâce aux investissements du groupe et des équipementiers, s’est félicité Moulay Hafid Elalamy. Au total, le secteur automobile a vu 116 000 créations d’emplois depuis 2014.

M. Jean-Christophe Quémard, le directeur PSA de la zone Afrique-Moyen-Orient, a salué dans son discours la « contribution sans faille »du Maroc qui a permis « à l’usine d’être au meilleur standard du savoir-faire » avec un « réseau de fournisseurs automobiles de classe mondiale ».

PSA affiche un taux d’intégration de 60 % (pièces fabriquées sur place), en phase avec ses engagements auprès du ministère marocain de l’industrie qui a fait du développement d’« écosystèmes » son cheval de bataille. L’installation du groupe au Maroc a entraîné l’ouverture d’une soixantaine d’entreprises, dont 27 créations nouvelles, selon des sources concordantes.

Le groupe chinois Dicastal, numéro un mondial de la fabrication de jantes en aluminium, a ainsi lancé début juin une nouvelle unité de production au Maroc, selon M. Elalamy.

Le Maroc mène depuis plusieurs années une stratégie ambitieuse d’industrialisation avec le développement de zones franches. « Tout le monde est en recherche de compétitivité, il y a quelques années, tout partait en Chine. Depuis peu, on voit un changement », a souligné le ministre marocain, en expliquant que son pays s’employait à saisir cette opportunité. Au Maroc, la main-d’œuvre est moins chère, avec « un salaire d’ingénieur inférieur de moitié aux salaires pratiqués en Belgique », a-t-il précisé en réponse à une question.

Politique de délocalisation

Le secteur automobile arrive depuis 2014 en tête des exportations au Maroc avec 24,4 % du total en 2016, devant le secteur agricole et le phosphate. L’industrie automobile a atteint un chiffre d’affaires à l’export de 70 milliards de dirhams (6,5 milliards d’euros) en 2017 et les autorités visent les 100 milliards d’ici à 2020.

PSA a été précédé au Maroc par son rival français Renault qui avait ouvert en 2012 sa plus grande usine en Afrique sur la zone franche qui représente 1,1 milliard d’euros investis, 7 000 employés, des exportations dans 74 pays et un horizon de production de l’ordre de 500 000 véhicules en 2022.

Comme Renault à Tanger, PSA bénéficie des avantages fiscaux et douaniers liés aux zones franches et exportera via Tanger Med vers quatre-vingt de ses marchés. Cette politique de délocalisation a suscité des critiques en France.

Le groupe PSA, qui affiche une excellente santé en Europe malgré des revers en Chine, a publié en 2018 un bénéfice net record de 2,8 milliards d’euros et une rentabilité parmi les plus élevées de l’industrie.

Le groupe, dirigé par Carlos Tavares, compte huit autres implantations industrielles dans la zone Afrique-Moyen-Orient gérée depuis Casablanca. En Algérie, le site, qui devait à l’origine produire dès 2019, a obtenu son permis de construire en début d’année, selon des médias algériens.

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